
Mireille FULPIUS
Artiste plasticienne, Mireille Fulpius est née à Genève en 1951. Jeune diplômée des Arts Visuels de Genève, elle commence sa pratique artistique par le travail du métal qu’elle soude, chauffe et plie pour obtenir des pièces volumineuses parfois colorées dont le poids nécessite souvent du matériel de levage. Ce médium l’accompagnera une dizaine d’années.
En 1990, elle installe ses ateliers à Seyssel, au bord du Rhône, dans une friche industrielle dont les dimensions modifient considérablement ses repères spatiaux. C’est pour elle, la redécouverte du bois qui marque un tournant décisif dans sa pratique artistique. Des pièces exécutées rapidement à la tronçonneuse sortent de son l’atelier bois – on peut y voir alors une affinité de formes avec les pièces de bois d’Olivier Giroud – et quantité d’empreintes de végétaux frottées à l’encre sur toiles ou papier, sortent de son atelier de dessin.
Puis, à la fin de la décennie, sans renoncer ni à la sculpture ni au dessin travaillé à l’encre de chine ou d’imprimerie commence une aventure artistique qui se joue encore aujourd’hui avec d’éphémères « installations » environnementales. Le changement d’échelle qu’implique les œuvres environnementales engagera Mireille vers un travail plus collaboratif.
Galerie le Pont des Z’Arts :
Questionnée par la mystique ancestrale du nombre d’or, M.F. livre ici quelques pièces d’un rafraîchissant plongeon dans la fascinante suite de Fibonacci. Pour l’artiste qui a enseigné un temps la géométrie, expérimenter en sculpture cette suite légendaire constituée d’additions de nombres entiers, dont chaque terme successif représente la somme des deux termes précédents et apprécier si les figures obtenues répondent à l’affirmation « d’Harmonie universelle » est jubilatoire. En soudant directement entre elles des sections de fines tiges d’acier pour correspondre aux exigences mathématiques, M.F. reprend ses outils de « métallo » avec lesquels elle avait commencé son activité plasticienne. Ses gestes sûrs fabriquent des arborescences qui disposées en perspectives mouvantes créent des sculptures délicates et transparentes pouvant ainsi se développer à l’infini dans la simplicité des rapports harmoniques. Assez joué !
Sans quitter le métal, ses recherches actuelles la libèrent du nombre d’or et la renvoient vers ses propres contraintes. On le sait, les voyages ont des effets collatéraux. Découvrir la furie ardente de la géologie magmatique des pays nordiques, aura réinventé plastiquement ses dernières pièces. On retrouve dans ce récent travail de longs volumes vifs hexagonaux qui peut-être, à leur façon, libèrent sa propre énergie.
Mireille suit ses impératifs… Depuis peu, elle explore des tirages photographiques issus de brocantes et en extrait des lignes de « contre-bande ». Ces lignes orthogonales, agrandies à l’envie, cernent une absence dont le sujet même semble se définir par son absence. Rétive aux explications, l’œuvre de Mireille Fulpius porte au jour « les données d’une expérience dont, l’ordonnancement est doté du sens dont il est la source ». (E. Husserl)
Sylvie Bourcy
Olivier GIROUD
Olivier Giroud vit et travaille près de Vienne en Isère.
Ses matériaux de prédilection sont essentiellement la terre et le bois, mais également l’acier.
Ses œuvres au dépouillement quasi monacal sont généralement pensées comme des architectures, combinant intérieur et extérieur et pénétrabilité de la sculpture.
« C’est nous qui donnons à ces ouvrages leur dimension vraie en les mesurant aux imaginations de notre corps. Par des portes étroites, des plans inclinés, devant des seuils et des perspectives fermées. Ce sont les œuvres elles-mêmes qui en l’interdisant créent l’ouverture où elles nous invitent à basculer » (Jean Planche)
En posant les yeux sur les études et les maquettes d’Olivier Giroud, qu’elles soient en terre, en bois ou en métal, on comprend la véritable signification du mot « monumental » en langage sculptural. Il n’y a plus d’échelle, plus de repère, on pénètre dans ses maquettes comme si nous entrions dans un temple ou une cathédrale.