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Emmélie ADILON-Vincent GONTIER du 7/8 au 20/9/2026

Emmélie ADILON 

Ma démarche plastique relève de l’engagement à décrire des territoires relevant d’une fragilité, d’un déséquilibre ou désordre humain et écologique. Touchant principalement les océans, les mers, fleuves et rivières, ou des situations issues de ces lieux. Leurs transcriptions se fait par la projection cartographique. Les cartes sont sélectionnées, travaillées : elles sont mises en scène. 

Elle peut également se faire par la marche, action contemplative, poétique et plastique.

Les œuvres réalisées sont structurées d’une manière constante, autour de la ligne, et des méandres. Ces superpositions, jeux graphiques, créent une forme d’illisibilité, d’indescriptible maillage de situations, de la forme à l’informe.

La peinture sur tissus organdi, et les assemblages complexes de différents formats ajoute la mise en scène d’une forme de questionnement. 

Ces infimes fragments d’espace, de temps et leur relation avec le corps, deviennent invitations, à une rêverie métaphorique, et un positionnement politique.

https://www.emmelieadilon.fr/

https://www.instagram.com/emmelieadilon/

 

Vincent GONTIER 

Le journal est mon matériau. Tout ce qui fait sens devient signe. «Quotidien bloqué entre des mâchoires d’acier, pages de signes dans des étaux obscurs» (P. Péju). Quotidiens dépliés organisés en dallage, pirogues effilées chargées de littérature. Quotidiens brûlés à la loupe les jours de soleil. Qu’il s’agisse d’un environnement où les synapses de papier jouent avec l’espace et le corps, d’une installation de pirogues en acier, sur des journaux ou dans un parc, de sculptures ou de dessins, le regard oscille entre fragilités et résistances. Alors que la morsure du soleil imprime des pages en suivant les traits d’une actualité chargée de secousses, que des assemblages de papiers et d’aciers se chargent de présence énigmatique, que des accumulations de « croquis-sculptures » projettent des paysages urbains, je poursuis un chemin par les travers du quotidien.

http://www.sculpture-presse.fr/

https://www.instagram.com/vincentgontier1/

Mireille FULPIUS-Olivier GIROUD du 30/4 au 14/6/2026

 

Mireille FULPIUS

Artiste plasticienne, Mireille Fulpius est née à Genève en 1951. Jeune diplômée des Arts Visuels de Genève, elle commence sa pratique artistique par le travail du métal qu’elle soude, chauffe et plie pour obtenir des pièces volumineuses parfois colorées dont le poids nécessite souvent du matériel de levage. Ce médium l’accompagnera une dizaine d’années.

En 1990, elle installe ses ateliers à Seyssel, au bord du Rhône, dans une friche industrielle dont les dimensions modifient considérablement ses repères spatiaux. C’est pour elle, la redécouverte du bois qui marque un tournant décisif dans sa pratique artistique. Des pièces exécutées rapidement à la tronçonneuse sortent de son l’atelier bois – on peut y voir alors une affinité de formes avec les pièces de bois d’Olivier Giroud – et quantité d’empreintes de végétaux frottées à l’encre sur toiles ou papier, sortent de son atelier de dessin.

Puis, à la fin de la décennie, sans renoncer ni à la sculpture ni au dessin travaillé à l’encre de chine ou d’imprimerie commence une aventure artistique qui se joue encore aujourd’hui avec d’éphémères « installations » environnementales. Le changement d’échelle qu’implique les œuvres environnementales engagera Mireille vers un travail plus collaboratif.

Pont desZ’Arts :

Questionnée par la mystique ancestrale du nombre d’or, M.F. livre ici quelques pièces d’un rafraîchissant plongeon dans la fascinante suite de Fibonacci. Pour l’artiste qui a enseigné un temps la géométrie, expérimenter en sculpture cette suite légendaire constituée d’additions de nombres entiers, dont chaque terme successif représente la somme des deux termes précédents et apprécier si les figures obtenues répondent à l’affirmation « d’Harmonie universelle » est jubilatoire. En soudant directement entre elles des sections de fines tiges d’acier pour correspondre aux exigences mathématiques, M.F. reprend ses outils de « métallo » avec lesquels elle avait commencé son activité plasticienne. Ses gestes sûrs fabriquent des arborescences qui disposées en perspectives mouvantes créent des sculptures délicates et transparentes pouvant ainsi se développer à l’infini dans la simplicité des rapports harmoniques. Assez joué !

Sans quitter le métal, ses recherches actuelles la libèrent du nombre d’or et la renvoient vers ses propres contraintes. On le sait, les voyages ont des effets collatéraux. Découvrir la furie ardente de la géologie magmatique des pays nordiques, aura réinventé plastiquement ses dernières pièces. On retrouve dans ce récent travail de longs volumes vifs hexagonaux qui peut-être, à leur façon, libèrent sa propre énergie. 

Mireille suit ses impératifs… Depuis peu, elle explore des tirages photographiques issus de brocantes et en extrait des lignes de « contre-bande ». Ces lignes orthogonales, agrandies à l’envie, cernent une absence dont le sujet même semble se définir par son absence. Rétive aux explications, l’œuvre de Mireille Fulpius porte au jour « les données d’une expérience dont, l’ordonnancement est doté du sens dont il est la source ». (E. Husserl)

Sylvie Bourcy

www.mireillefulpius.com

 

Olivier GIROUD

Olivier Giroud vit et travaille près de Vienne en Isère.

Ses matériaux de prédilection sont essentiellement la terre et le bois, mais également l’acier.

Ses œuvres au dépouillement quasi monacal sont généralement pensées comme des architectures, combinant intérieur et extérieur et pénétrabilité de la sculpture.

« C’est nous qui donnons à ces ouvrages leur dimension vraie en les mesurant aux imaginations de notre corps. Par des portes étroites, des plans inclinés, devant des seuils et des perspectives fermées. Ce sont les œuvres elles-mêmes qui en l’interdisant créent l’ouverture où elles nous invitent à basculer » (Jean Planche)

En posant les yeux sur les études et les maquettes d’Olivier Giroud, qu’elles soient en terre, en bois ou en métal, on comprend la véritable signification du mot « monumental » en langage sculptural. Il n’y a plus d’échelle, plus de repère, on pénètre dans ses maquettes comme si nous entrions dans un temple ou une cathédrale.

www.oliviergiroud.fr

 






Cécile ANDRIEU-Corine GRUMO du 13/3 au 26/4/2026

 

Cécile ANDRIEU

Née en 1956 à Charleville-Mézières, Ardennes, je vis et travaille moitié à Paris (atelier aux Arches, Issy-Les-Moulineaux 92), moitié à Kanazawa (Japon) où j’ai également mon atelier. 

Formation

1982 Maîtrise d’arts Plastiques – Université Aix-Marseille I
1982~86 Boursière du gouvernement japonais & Japan Foundation / Université de Tokyo ( Dépt. Esthétique)
1986 Thèse de 3e cycle en Arts Plastiques – Paris Sorbonne I

Durant mes études l’art minimaliste et l’architecture cistercienne ont éveillé mon goût pour l’essentiel tandis que l’art conceptuel et les sciences du langage en plein essor stimulaient mon intérêt pour les mots. La découverte d’un artiste, Shusaku Arakawa et d’un linguiste-philosophe, Toshihiko Izutsu m’a ensuite amenée à me passionner pour la culture japonaise dans laquelle je me suis immergée en 1982, et qui a déterminé mon orientation artistique. 

En m’initiant au japonais j’ai vraiment pris conscience du poids des mots dénoncé par Italo Calvino et de la force du silence. Dès lors, travaillant beaucoup avec des textes, livres ou dictionnaires, et des outils liés à l’écriture (papiers, caractères typographiques, mines, craie…), associés parfois au fer, à la chaux au verre, à la pierre comme à des objets préfabriqués je me suis attachée à ex-poser le silence de la lettre écrite ou imprimée avant l’émergence du sens pour tenter une autre façon de « Voir ».

Puis, avec le développement du numérique j’ai réalisé l’importance de la trace de la lettre, quelle que soit la langue ou la graphie, trace tangible qui a favorisé l’essor de la civilisation humaine et demeure un point de repère essentiel pour les êtres de langage et d’écriture que nous sommes en nous « ancrant » dans l’espace et le temps réels. C’est donc à la redécouverte ou régénération de la lettre-trace mise à mal par le numérique que je travaille en créant objets ou installations, in situ notamment. Je m’inspire en effet beaucoup du cadre historique, culturel ou architectural dans lequel j’interviens et avec lequel je m’efforce de faire dialoguer mes travaux. 

Enfin, je reste aussi très attentive aux qualités esthétiques. 

cecile.andrieu.kawakami@gmail.com
www.cecileandrieu.com
instagram.com/cecile.andrieu_art
facebook.com/cecile.andrieukawakami
lesarches.com

 

Cô.rine GRUMO

On me demande souvent d’où je viens, quelle école m’a formée, quel chemin j’ai suivi. La réponse est simple : je suis artiste autodidacte. Tout pourrait s’arrêter là.

Mais je n’ai pas voulu m’en tenir à ces mots. J’ai décidé d’écrire l’histoire de ma vie.

Une page blanche. Quelques mots. Très vite, une écriture entièrement inventée apparaît, composée de lignes horizontales, verticales et quelques obliques. Je trace alors une grille de 9 sur 9, soit 81 cases. Pourquoi 9 sur 9 ? Simplement le format de ma page.

Mais je ne m’arrête pas là. Il me faut aller plus loin, donner un sens à ce travail. J’y laisse alors une trace : mon identité, ma signature « Cô ».
Sur cette page vierge quadrillée, je grise de manière harmonieuse mon nom d’artiste. Toutes les cases non grisées sont ensuite numérotées. Elles sont symbolisées par un même glyphe et retranscrites, une à une, sur les pages correspondantes : l’emplacement de la case une est transféré sur la page une, et ainsi de suite. Les cases grisées sont elle aussi numérotées et associées à un autre glyphe.

Après plusieurs mois de travail, les 81 pages sont achevées. Aux contraintes initiales se sont ajoutées des gestes spontanés, une écriture complètement imaginaire et libre d’expression.

Ce livre ouvre une nouvelle dimension, appelée à se poursuivre dans un second tome, ou l’effacement viendra révéler pleinement le sens de l’ensemble.

« Cô » prend naissance tantôt en positif, tantôt en négatif.

C’est le début d’une longue histoire, appelée à se prolonger encore et encore.

 Et c’est au travers de cette nouvelle exposition que je vous invite à découvrir mon chemin de vie.

instagram.com/cocobounty24

 





FONTANA L. D.-SONG Xiaojun du 2/6 au 3/7/2022

 

Xiaojun SONG

Pour cette exposition, la plupart de mes pièces sont des créations récentes. Je traçais, je trace, je tracerai les instants pour que le temps s’arrête sur le papier. Je les appelle « Méditation » – ma façon de méditer. Cette série « Méditation » est le reflet de ma pensée sur la vie, composée de gestes inlassablement répétés. Du matin au soir, comme de la naissance à la mort, tout n’est fondamentalement que répétition d’un même cycle. Quel que soit le sens que nous leur donnons, toutes les choses que nous faisons nous amènent irrémédiablement au bout de notre vie. Le mouvement du trait est semblable à celle-ci, il se présente comme un départ vide de sens. Il vient de nulle part pour aller nulle part. Il est à la fois sa cause et son effet. À l’instar du principe de genèse taoïste, le premier trait engendre le second, puis le troisième et enfin la totalité de la composition. La raison d’être du trait n’est pas ailleurs que dans l’engendrement successif et répété des autres, lorsque le principe pictural du geste s’efface peu à peu pour devenir pleinement méditatif.

https://xiaojunsong.net/

 

Laurent Dominique FONTANA

L’immobilité

De la fenêtre de la Galerie, le Rhône dans toute sa force et son ampleur, changeant au gré des orages et des sécheresses, miroir du temps. Le temps qui s’en va.

Les sculptures : figures noires, dressées, immobiles, la peau brulée. Les corps comme des arbres sur la grève, dont l’écorce décrirait le «livre des épreuves» : 
les fortes crues aux eaux chargées de débris, d’épaves, de branches. 

À l’image du monde des hommes, la matière noire traduit la vie comme un arbre ravagé par le temps.

https://laurentdominiquefontana.ch/

 





Ghost Tales-C. BAYENET-C. GLASSEY-U.RICHTER du 20/4 au 29/5/22

 

Carmen CALDAREA BAYENET

La création artistique a d’abord été pour moi le lieu d’un rapport quasi charnel entre la nature et le divin. J’ai consacré de nombreuses années à des créations qui s’inspirent de peintures religieuses traditionnelles de Transylvanie, dans lesquelles Jésus et les saints prennent place au milieu de décors ruraux, entourés d’arbres, de fleurs et de vignes. Petit à petit, la tradition a cédé le pas à des œuvres de plus en plus autonomes, qui posent des questions à la manière des postmodernistes, et tentent de redéfinir le lien entre l’humain (l’artiste), la nature (le corps), le divin (l’idéal). Mon travail est à la croisée des chemins entre un profond enracinement dans la tradition, et une remise en question permanente de celle-ci.

https://c-carmen-b.ch/

 

Catherine GLASSEY

Je pratique le moulage depuis de nombreuses années. Le fait de «saisir le vif » en reproduisant des fragments de corps ou d’objets et de les recombiner autrement, me permet de questionner le réel, de poser un regard différent sur les choses.

« Il n’y a pas qu’une seule réalité. Il existe plusieurs réalités. Il n’y a pas qu’un seul monde. Il y en a plusieurs, et ils existent tous parallèlement les uns aux autres, mondes et anti mondes, mondes et mondes fantômes, et chacun d’entre eux est rêvé ou imaginé ou écrit par un habitant d’un autre monde. Chaque monde est la création d’un esprit ».

Seul dans le noir de Paul Auster

 

Uta RICHTER

Uta Richter est une artiste berlinoise qui vit et travaille à Genève. Dans ses œuvres, elle se tourne vers le passé pour traquer la nature humaine.

La série « Berlin Ghost Stories » suit cette logique. Ce sont des assemblages dessinés et collés sur le fond sérigraphié du paysage industriel aujourd’hui démoli de Berlin-Treptow.

L’artiste aborde les actes d’équilibriste entre opportunités manquées et vécues, amour de la vie et violence, utopie et nostalgie, individualité et norme.

À partir de ces zones de tension, une perception dialectique de sa propre histoire veut s’ouvrir au regard du spectateur.

http://uta-richter.net/Texte/france/startf.html

VITRINES-BERNACHOT C.-GUYOT J.-MEYLAN É.-PERIER A.-PÉRY F.-SCHIBLER G. du 4/3 au 17/4/22

 

VITRINES

Claude BERNACHOT

Je fais de la « street photography », de la « photographie de rue ».
Je photographie les gens dans leur environnement. Par sa composition, le photographe organise le chaos, structure l’espace.
Il ne doit pas porter son attention uniquement sur la ou les personnes photographiées, mais aussi sur ce qui se passe derrière ou devant elles.
Ici, sans être le sujet principal de la photographie, les vitrines et leurs surfaces vitrées, utilisées comme arrière-plans, premiers plans, motifs ou par ce qu’elles reflètent, sont un élément important dans l’organisation de l’image.
Dans les diptyques, le photographe va chercher à mettre en relation, entre deux images, des éléments – formes, gestes, couleurs – qui vont tisser entre elles des correspondances, créer des résonances et qui, d’un bord à l’autre du cadre, vont se faire écho.

 

Jacques GUYOT

Le travail proposé pour cette exposition « Vitrine » est basé sur quatre photographies qui sont prises à travers une vitre donc « Vitre In ». Dans ce cadre vient s’inviter une autre œuvre photographique en rapport avec la photo. 
Cette oeuvre photographique est un cyanotype (Herschel 1842).
Ce procédé permet d’obtenir un négatif sans appareil de photo, avec des pauses longues de trente minutes et une source d’ultra-violet (Soleil). Le développement se fait avec de l’eau.
Les techniques photographiques numériques sophistiquées invitent la simplicité du procédé du cyanotype et, par là même, créent une vitrine virtuelle pour ces œuvres bleu Prusse.

 

Éric MEYLAN

Pour cette exposition sur le thème des vitrines, j’imaginais, au départ, des prises de vues à l’intérieur des commerces, avec des client(e)s, car je voulais qu’il y ait de la vie dans ces images.
Devant les évidentes difficultés de réaliser cette idée et l’arrivée du Covid, j’ai modifié mon approche : dans chacun des commerces visités, j’ai demandé au vendeur ou à la vendeuse présent(e)s de se placer devant sa vitrine et de cacher son visage (Covid oblige ! ) avec un objet prélevé dans son étalage.
Les photos, en plan large, montrent aussi bien les vitrines que les humains dans cette période si particulière.

 

Aline PÉRIER

Y a-t-il une vie après les vitrines ?
Elles sont belles, longues et parfaites.
Elles portent dans les vitrines tous objets de désir, robe, tailleur, chapeau, sac à main.
Plus qu’être à la mode, elles sont La Mode.
Jusqu’au jour où, même si leurs pommettes sont toujours hautaines, leurs yeux faits et leur teint lisse, elles se démodent.
Elles n’ont pas changé, pourtant elles ont vieilli. Ce n’est plus leur tour d’être belles.
Alors c’est la mise au rebut. Nues et démembrées, retirées du circuit, destinées à la casse et soustraites aux regards, il leur reste un dernier passage sur le trottoir avant l’arrivée du camion-benne ou, pour les plus chanceuses, du brocanteur.
Là le temps et l’oubli les effritent, les pâlissent et les blessent. La photographe Aline Perier y voit un parallèle avec nos vies humaines, où la vieillesse aussi peu à peu rend les femmes invisibles.
Et pourtant. En leur apportant sa lumière et son regard, en proposant de nouveau ces beautés idéales d’autrefois à nos yeux soudain ouverts et bienveillants à leurs imperfections, elle leur confère une autre vie.
Alors ce n’est plus de la mode. C’est de l’art. Et sans nul doute, un art de vieillir, et de vivre.
Texte : Sylvie Overnoy

 

Fabienne PÉRY

Quel sujet à explorer en pleine pandémie !
J’ai donc choisi de me mettre en scène dans des vitrines qui racontent 12 mois de confinement, restrictions et replis sur soi.
Heureusement, l’art nous garde une grande liberté et c’est avec enthousiasme que j’ai créé chaque jour une vitrine différente qui exprime ce que j’ai fait pendant une année de pandémie. Une seule fois au théâtre sur toute une saison d’abonnement ! ; la famille en images, les tâches quotidiennes, l’art, des travaux dans la maison, et… Noël.
Toute une année en vitrine !

 

Guy SCHIBLER

Par le mot vitrine, nous entendons ici, banalement, la devanture vitrée d’un local commercial. En quoi la vitrine peut-elle intéresser la photographie ?
La vitrine de magasin, c’est à la fois un cadre dont les quatre bords sont reliés par une vitre et, derrière cette vitre, une élaboration visuelle qui hésite souvent entre le bi- et le tridimensionnel : surface dilatée dans la profondeur ; volume fortement aplani. Un cadre qui délimite un champ, donc. Ou un champ qui remplit un cadre. L’analogie entre vitrine et photographie apparaît immédiatement. Photographier une vitrine, c’est par conséquent produire une mise en abyme : mettre un cadre dans un cadre, un champ dans un champ.
Une vitrine maintient le passant à distance de ce qu’elle montre. C’est pour lui la source d’un certain confort, car il n’est pas obligé d’acheter, il n’est pas obligé d’entrer dans le magasin. On lèche la vitrine, on ne la mange pas. Une vitre est là pour séparer regardeur et regardé ; devant et derrière la vitre, ce n’est pas le même monde. Nous sommes mis en position de spectateurs face à des objets exposés, mis en scène, montrés avec ostentation… Tout cela pourrait être dit aussi de la photographie. 
Comme tout spectacle, la vitrine ne produit de la distance que pour mieux attirer. C’est l’éternel paradoxe de la séduction, ici adapté aux codes du visual marchandising. Dans sa vitrine, par sa vitrine, un magasin fait le beau. Elle est sa parure, son maquillage parfois, une incitation et une invitation à entrer, à aller y voir de plus près, et à acheter ensuite, bien sûr. Fabrique d’illusion et de désir, elle est à la fois appât et promesse. 
Et comme tout spectacle qui finit par nous offrir un miroir de nous-mêmes, il arrive bien souvent qu’une vitrine nous renvoie en reflet notre propre image, que le passant y aperçoive soudain sa propre tête au milieu des choses à vendre. Le voilà flatté d’être intégré à l’image. La vitrine est, comme peut l’être la photographie, un miroir de Narcisse.
Les textes et légendes de cette double série de photographies doivent beaucoup à Sandrine Le Corre et à son ouvrage Esthétique de la vitrine, Paris, L’Harmattan, 2018.







ESAAA-Mémoires de l’eau du 14/1 au 27/2/22

 

Mémoires de l’eau 

L’eau est porteuse de mémoire disait Gaston Bachelard.

Le grand cycle de l’eau marque le temps, les paysages, les matières et les cultures.
Des points les plus hauts jusqu’aux grandes profondeurs, l’eau circule et modèle la géographie, façonne les cultures et les imaginaires.
Le projet d’exposition porte sur les formes, les histoires et la poésie liés à cet élément essentiel.

Quelques axes de recherche ont été explorés lors de la préparation des travaux :

  • les traces sur la matière, cartographies sensibles…
  • l’eau enfouie et retrouvée, les grottes et mers cachées…
  • anthropologies des réseaux, mémoires des fleuves et des rivières, les métiers de l’eau…

Quinze élèves de l’École des Beaux Arts d’Annecy ont travaillé sur ces thèmes et vous en présentent le résultat dans cette exposition.